Le président de la République islamique d'Iran, Massoud Pezeshkian, a appelé au renforcement du commerce intra-BRICS, à l'utilisation accrue des monnaies nationales, au développement de mécanismes de financement conjoints, à l'intégration des infrastructures commerciales ainsi qu'au renforcement de la coopération dans les domaines de l'économie numérique et de la réassurance.
S'exprimant lors de la réunion du Conseil des affaires des BRICS, le président Pezeshkian a remercié le gouvernement et le peuple indiens pour l'organisation de cette rencontre et a souligné la nécessité de transformer le potentiel économique des BRICS en coopérations concrètes et en projets tangibles.
La réunion a rassemblé des dirigeants et représentants des États membres des BRICS, des membres du Conseil des affaires des BRICS, des hommes et femmes d'affaires, des investisseurs, des entrepreneurs ainsi que différents acteurs du secteur économique.
Évoquant la complexité croissante de l'environnement économique mondial, notamment les incertitudes géopolitiques, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et le recours croissant aux instruments économiques à des fins de pression politique, M. Pezeshkian a souligné que la véritable puissance des BRICS ne réside pas uniquement dans la taille des économies de ses membres, mais dans leur capacité à transformer leurs potentialités en un réseau de commerce, d'investissement et de financement conjoints.
La résilience économique, une priorité pour les BRICS
Le président Pezeshkian a insisté sur la nécessité de diversifier les partenaires commerciaux, les sources de financement et les canaux de paiement, considérant la résilience économique comme l'une des principales conditions de stabilité des économies des pays membres des BRICS.
Évoquant l'expérience de l'Iran face aux sanctions étendues et à l'intensification des pressions économiques et politiques, il a souligné que la sécurité économique ne pouvait être dissociée de la sécurité nationale et régionale.
Toute perturbation du commerce, de l'énergie, des infrastructures ou des systèmes financiers peut en effet produire des conséquences dépassant largement les frontières d'un seul pays.
Dans ce contexte, l'Iran a proposé que les BRICS développent des mécanismes économiques résilients afin qu'aucun pays ne puisse perturber le commerce légitime d'un autre État en exerçant un monopole sur un instrument financier ou une technologie particulière.
Les propositions iraniennes pour développer le commerce intra-BRICS
Le président iranien a souligné la nécessité de passer d'une coopération fragmentée à une intégration progressive des infrastructures commerciales entre les membres des BRICS.
La numérisation et l'intégration des procédures douanières, la facilitation des échanges, la réduction des obstacles réglementaires et administratifs, le développement des marchés transfrontaliers ainsi que la facilitation des investissements conjoints du secteur privé figurent parmi les principales propositions de l'Iran.
M. Pezeshkian a également appelé à renforcer la coopération en matière de normalisation afin de permettre aux BRICS de passer d'un marché principalement fondé sur l'échange de matières premières à un réseau de chaînes de valeur et de productions industrielles communes.
L'Iran prêt à contribuer aux chaînes d'approvisionnement énergétiques, alimentaires et de transport
La sécurité alimentaire et la sécurité énergétique ont été présentées comme deux piliers essentiels de la sécurité économique.
Compte tenu de ses importantes ressources énergétiques et de sa position géographique stratégique, la République islamique d'Iran a fait part de sa disponibilité à jouer le rôle de partenaire stratégique des BRICS dans les chaînes d'approvisionnement énergétiques, alimentaires et de transport.
Promouvoir l'utilisation des monnaies nationales
L'un des autres axes majeurs de l'intervention de M. Pezeshkian a porté sur le développement de l'utilisation des monnaies nationales dans les échanges commerciaux entre les membres des BRICS.
Il a proposé que l'utilisation des monnaies nationales soit accompagnée de mécanismes appropriés de gestion du risque de change et de règlement réciproque.
Selon cette approche, la concentration du système financier international autour d'un nombre limité de monnaies rend les économies davantage vulnérables aux chocs politiques.
Renforcer le rôle de la Nouvelle Banque de développement
L'Iran a également souligné la nécessité de renforcer le rôle de la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB) dans le financement des projets de développement.
La banque pourrait, selon la proposition iranienne, devenir un moteur central du financement des projets d'infrastructure et d'énergie des pays membres grâce à la mise en place de lignes de crédit spécifiques, de financements en monnaies locales et d'instruments de garantie destinés à attirer les investissements du secteur privé.
Proposition de création d'une compagnie de réassurance commune des BRICS
L'une des propositions les plus concrètes formulées par le président Pezeshkian lors de cette réunion concerne la création d'une compagnie de réassurance commune des BRICS, dotée d'un capital initial de 10 milliards de dollars.
Cette structure aurait pour objectif de couvrir les risques liés aux grands projets d'infrastructure et d'énergie, renforçant ainsi la confiance des investisseurs et favorisant une participation accrue du secteur privé aux projets communs des pays membres.
Les BRICS et l'économie numérique : priorité à l'intelligence artificielle
M. Pezeshkian a également évoqué les transformations profondes liées au développement rapide de l'intelligence artificielle.
Il a souligné que les BRICS ne devraient pas se limiter à être des consommateurs de technologies, mais devraient jouer un rôle actif dans la production de connaissances, le développement technologique et l'élaboration des normes de l'économie numérique.
Le renforcement de la cybersécurité et la protection des infrastructures critiques des États membres ont également été présentés comme des domaines importants de coopération.
Transformer le Conseil des affaires des BRICS en moteur opérationnel
La République islamique d'Iran a par ailleurs proposé de transformer le Conseil des affaires des BRICS, aujourd'hui principalement axé sur le dialogue, en un moteur opérationnel de la coopération économique entre les États membres.
À cette fin, les groupes de travail spécialisés du Conseil devraient définir des projets concrets et mesurables reposant sur des indicateurs précis, notamment la croissance du commerce intra-BRICS, la part des monnaies nationales dans les échanges commerciaux et le volume des investissements privés.
L'Iran, un maillon essentiel de la connectivité économique des BRICS
En conclusion, le président Pezeshkian a mis en avant la position géographique stratégique de l'Iran et ses importantes capacités énergétiques, affirmant que le pays était prêt à devenir l'un des maillons importants de la connectivité économique entre les membres des BRICS.
Il a souligné que les BRICS ne pourront devenir une véritable force d'influence dans l'économie mondiale que lorsque les résultats de leur coopération seront visibles dans les contrats, les usines, les ports, les infrastructures et la vie économique des populations des pays membres.
Le président iranien a enfin réaffirmé la disponibilité de l'Iran à coopérer avec l'ensemble des membres des BRICS afin de contribuer à la construction d'une économie mondiale plus ouverte, résiliente et équitable.